Qu'est-ce que le QIGONG ?



Origine Agenda Plus, avec leur aimable autorisation

Plongeant ses racines dans la médecine chinoise, les arts martiaux et la philosophie, le QiGong est considéré comme un ensemble de pratiques qui visent à cultiver et à équilibrer «l’énergie vitale interne». Découverte...

Dès les origines, les êtres humains savaient se protéger et s’entraîner, car un corps en pleine forme était indispensable à la survie. "Bouger pour chasser le froid et s’abriter pour fuir la chaleur", telles sont les réactions les plus simples de la conscience archaïque. La naissance du QiGong en Chine est due à un progrès et à un raffinement de cette conscience.

Qigong est un terme mandarin qui combine deux notions chinoises au sens vaste : qi, signifiant vapeur, souffle, énergie, esprit, air ou encore gaz et gong, qui évoque la réalisation, le résultat, le travail, l’exercice et l’application.

Bien qu’il soit traditionnellement associé à la littérature taoïste du début de la dynastie tang [618-907], ses principes thérapeutiques sont étudiés en Chine depuis plus de 2000 ans.

Au cours des siècles, ils se sont enrichis par la pratique des arts martiaux, des massages, de la phytothérapie, de l’acupuncture, de la moxibustion et de l’étude des méridiens.

L’évolution du QiGong est également liée aux pratiques philosophiques et spirituelles [bouddhisme, hindouisme, tibétanisme, taoïsme] qui traitent du rapport de l’homme par rapport à son environnement et à l’univers.

Durant la seconde moitié du xx ème siècle, sous l’impulsion du Parti Communiste Chinois, une constellation de cultures corporelles traditionnelles, considérées comme autant de méthodes thérapeutiques et désignées sous le terme générique de QiGong, vont poursuivre leur évolution, en parallèle au Taijiquan.

David Palmer, qui a décrit la création et l’évolution de cette pratique dans son livre «La fièvre du Qigong - Guérison, religion et politique en Chine 1949-1999», explique qu’après sa prise de pouvoir en 1949, le Parti Communiste Chinois trouve le système de santé lamentable, avec seulement 10.000 médecins formés aux sciences occidentales pour tout le pays, soit 1 pour 26.000 habitants, alors qu’au même moment la Chine compte plus de 400.000 thérapeutes traditionnels ! A la même époque un cadre de l’armée rouge, Liu Guishen, qui avait appris une technique de culture corporelle enseignée par un maître traditionnel lui ayant permis de se soigner d’un ulcère à l’estomac, créa une nouvelle méthode thérapeutique qu’il appela QiGong.


INTÉGRATION UNIVERSITAIRE

Le QiGong a acquis ensuite un sens générique en raison de l’institutionnalisation de la médecine chinoise durant les années 1950. Toute une série de qigong apparurent alors progressivement en Chine. D’une part, le qigong se répendit grâce à des maîtres locaux et, d’autre part, l’enseignement du QiGong fut incorporé à l’enseignement universitaire dans les facultés des arts martiaux chinois. C’est ainsi que le professeur Zhang Guang De créa, à l’intérieur de la Faculté de l’Université des Sports de Pékin, l’Institut Universitaire Daoyin Yangsheng Gong. Cet institut universitaire a mis au point un grand nombre de daoyin qui sont pratiqués dans le monde entier. Cet exemple fut suivi dans toutes les universités des sports en Chine.


LES ECOLES

Bien qu’il existe une grande variété de styles et de détails dans sa mise en oeuvre, on distingue habituellement 5 grandes écoles dans la pratique du QiGong :

  • L’école médicinale, dont l’objectif est de renforcer la santé et, éventuellement, de soigner des maladies ;

  • L’école confucianiste, créée par Confucius au 6ème siècle avant notre ère, qui se caractérise par trois directions de travail : connaissance, moralité et droiture ;

  • L'école bouddhiste dont l’enseignement repose sur l’entraînement et la libération mentale ;

  • L’école taoïste qui prêche le non-agir, «wu wei», et qui a pour but d’accroître la longévité et de vivre en harmonie avec la nature ;

  • L’école des arts martiaux qui vise au maintien et à l’amélioration de la santé et, éventuellement, à utiliser cette vigueur retrouvée dans le combat.

Ces différentes formes de QiGong s’appuient toujours sur les mêmes bases : les postures du corps, la fixation du mental [concentration/méditation], la régulation de la respiration et la fluidité du mouvement.


UNE PRATIQUE DE SANTE ET DE MÉDITATION

Le QiGong est composé de mouvements qui sont généralement répétés, ce qui augmente la circulation des fluides [sang, fluide synovial et lymphatique], l’amélioration de l’équilibre, de la proprioception et de la perception de la façon dont le corps se déplace dans l’espace.

Pratiqué comme art de guérison, l’accent est mis sur la prévention et l’auto-guérison, en améliorant l’équilibre entre la circulation de l’énergie dans les méridiens et la capacité intrinsèque du corps à s’auto-guérir.

Des études montrent que la pratique régulière du QiGong améliore la fonction cardio-vasculaire, accélère la guérison de certaines maladies aiguës et augmente la longévité.

Le QiGong est également pratiqué pour ses vertus méditatives dans le cadre de diverses traditions philosophiques et spirituelles.

Tout comme la méditation classique en assise, le QiGong est un moyen de calmer le mental et d’entrer dans des états de conscience qui apportent la sérénité, la clarté et la félicité. De nombreux praticiens estiment que le QiGong, avec ses mouvements centrés et doux, est beaucoup plus facilement accessible que la méditation statique en assise.

D’après le confucianisme, le QiGong est un moyen de devenir un Junzi, un homme à la morale supérieure ; pour le taoïsme, le QiGong est un moyen pour atteindre l’illumination spirituelle et la longévité et pour le bouddhisme, le QiGong fait partie du chemin spirituel qui mène à l’éveil spirituel ou bouddhéité.


UN ART DE VIVRE

Qu’ils soient considérés du point de vue de l’exercice physique, de la santé, de la philosophie ou de l’entraînement aux arts martiaux, plusieurs grands principes se dégagent de la pratique du QiGong : le mouvement intentionnel, équilibré et fluide ; la respiration rythmique, lente, profonde et en coordination avec le mouvement ; l’état de calme intérieur et la visualisation de l’écoulement du qi.

Dans les principes complémentaires, on trouve : la souplesse, le regard doux et le visage paisible, la position fixe [un socle solide, colonne vertébrale droite], la détente, l’équilibre [mouvements à partir du centre de gravité]. Et dans les objectifs avancés : l’équanimité, la tranquillité d’esprit et l’immobilité [mouvements de plus en plus subtils, jusqu’à la parfaite immobilité].

On l’aura compris, quelle que soit la facette par laquelle on aborde le QiGong, sa pratique est une excellente façon de «revenir à l’intérieur de soi», tout en travaillant sa souplesse et en renforçant son énergie vitale. Il forme une base solide qui renforce toutes les autres pratiques, qu’elles soient psycho-corporelles, martiales ou tout simplement pour densifier notre présence à nous-mêmes dans nos activités quotidiennes.

( Origine : Avec l'aimable autorisation d'Agenda Plus ) Rédacteur : Olivier Desurmont pour Agenda Plus
Merci à Pierre De Keukelaere.